L'argent ne fait pas le bon théâtre 20/04/2026
- 21 avr.
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Photo Raynaud de Lage. Rimbaud par l'Unité.
Le théâtre subventionné par période cyclique se plaint toujours de ne pas être assez doté, alors un jour le ministre qui avait succédé à Malraux à la Culture, Edmond Michelet devant les gémissements du milieu culturel avait affirmé : pas besoin d‘argent pour faire du théâtre moi j’avais vendu ma bicyclette pour en faire.
Je crois me souvenir qu’il avait eu droit à une manifestation gigantesque de tout le milieu culturel, même Mnouchkine avait sorti des tambours géants sur charriots.
A ma grande honte je ne suis pas loin d’être d’accord.avec son aveu.
Je ne dis pas que le théâtre n’a pas besoin d’argent, mais dans bien des endroits le théâtre est ventripotent avec des équipes administratives de 50 à 100 personnes, des salaires de directeurs d’établissements que je n’ose pas imaginer, bien -sûr il faut réduire la voilure sachant surtout que ce n’est pas la quantité d’argent qui va produire le grand théâtre, j’ai bien peur que cela ne soit le contraire.
Les grandes pièces de l’Histoire du théâtre sont nées dans des petits laboratoires modestes, pas dans des grandes institutions.
Pour peu que l’on recherche l’émotion, on la trouvera dans des oeuvres de sincérité totale, et non pas dans des budgets à 5 chiffres.
Le Bred and puppet en 1968, dans une usine occupée jouait : un homme dit au revoir à sa mère, la beauté à l’état pur .
Zéro moyen, du bricolage.
Et j’a assisté à un terrier, récemment dans le minuscule théâtre de la maison blanche à Paris, une pièce insensée et intime qui vous arrache des larmes.
Je ne suis pas bête à dire que seul le théâtre sans moyens a de la valeur.
Mais le Théâtre du soleil, Royal de Luxe, Zingaro restent des compagnies qui coûtent bien moins cher que notre réseau institutionnel .
Et le théâtre, vous lui couperez tout moyen, il continuera d’exister dans les caves, dans les greniers dans la rue, où il est né il y a 2500 ans, il a surmonté de gigantesques crises, mais il restera vivant, même sans subsides.
Une fois de plus, je parle je parle et je ne suis pas de mon avis.
Il ne faudrait pas que certains esprits pervers utilisent ma parole à mauvais escient.



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