Billet du 5 juin 2026: Il faut refonder la culture
- 7 juin
- 3 min de lecture

Tais toi tais toi
Mais je n’ai plus besoin de me taire.
Ça fait des dizaines d’années que j’assiste sans rien dire à un scandale généralisé qui commence à coûter cher à la société.
J’ai connu des hélènes et des hélènes , l’une avait son bus, l’autre pas, elles montaient dans les quartiers et aux côtés des animateurs et médiateurs montaient des projets et des projets, elles étaient aimées et reconnues par les familles et le quartier.
Il y avait un auteur Armand Gatti qui pestait contre les théâtres d’abonnement et de programmations et que c’était pas là qu’il fallait mettre l’argent public mais sur les quartiers, les jeunes, les loulous, les loubards, les voyous, et à ceux- là il fallait enrichir leur vocabulaire, ne serait -ce que de cent mots, car quand t’a pas la langue, tu deviens violent.
Et à’ L’Unité on était toujours avec Claude Acquart qui ne cessait de transmettre les métiers de constructeurs à des jeunes éligibles au deal ou à la prison.
Et je n’ai cessé de transmettre avec Hervée à des centaines de jeunes dans des ateliers- théâtres des mots et des poèmes et de l’expression
Je disais au Ministère : venez évaluer combien de jeunes nous sauvons du suicide et de la délinquance.
Jusqu’au capitaine des pompiers de Saint Quentin en Yvelines qui disait : mettez des moyens sur l’Unité-, nous nous ramassons les morts dans les cages d’escalier, eux empêchent les jeunes de se suicider.
Er souviens -toi du plus bel âge de la vie dans le dépôt de locomotives de Trappes, 80 jeunes délinquants ou non dans une fresque épique sur la jeunesse.
Comment avec Jean Djemad nous nous étions emparés des toxicomanes black blanc beur et que Jean et Christine en avaient fait le premier groupe de danse hip hop en France.
Et comment avec Jean Jourdan Daniel Motta et Alain Degois le futur Papy, nous montions les matches d’impro dans les collèges de Trappes.
Djamel Debouze ne l’a pas oublié.
Un jour j’ai vu dans une favéla du Brésil les “nos del Morro”, une compagnie de théâtre insensée qui proposait aux jeunes un autre chemin que celui la drogue et qui avait pris l’avantage sur le marché de la coke.
Je ne cessais de répéter comme un idiot : l’art est une arme de construction massive.
Et pendant ce temps, les municipalités ne cessaient de priver de moyens les fêtes de quartier, empêchaient toutes les compagnies de s’exprimer, Montbéliard fermait la compagnie des bains douches de Claude Acquart ce qui était quasiment un crime, car c’était un lieu de réinsertion fabuleux, même Chirac était venu le visiter
Et quand les friches -théâtre sont nées sous l’impulsion de notre ami Foulquié c’était le moment de se précipiter sur une nouvelle forme de culture en prise sur la ville,
Alors voilà au lieu de miser sur cette culture du tiers théâtre on préfère mettre l’argent sur le narco -trafic.
Il y a eu sous notre impulsion la naissance du théâtre de rue, des nouvelles formes, la naissance de ces centaines de festivals s’adressant directement aux populations et non pas au public restreint de théâtre.
Et comment Calais/Bouchard s’est acharné contre Peduzzi et le Channel la scène nationale la plus exemplaire qui aurait dû être un modèle comme notre feu Centre d’art et de Plaisanterie.
Après va t’étonner contre les jeunes des banlieues qui décident de mettre le souk à Paris pour la victoire du PSG,
Pour moi c’est simple, il faut refonder la Culture autrement.
( publié sur Facebook le 2 juin 2026)



Commentaires