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Crise dans la Culture : billet du 26 mai 2026

  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture


31 décembre 2025. Passation de pouvoir à l'Unité

photo : Estelle Chardon



Une fois de plus c’est reparti, crise dans la culture !

Je m’appelle Jacques Livchine, je suis un artiste français qui peut prétendre avoir une certaine bouteille, puisque le théâtre de l’Unité est né en mars 1968, a connu 28 ministres de la Culture et n’a jamais cessé d’être subventionné depuis 1971.

Alors c’est indéniable les tensions avec le pouvoir politique ont toujours été d’actualité, souvenez- vous de Molière, ça n’a jamais été facile pour lui, mais il était d’une habileté diabolique, il n’avait pas honte de s’agenouiller devant le roi tout en continuant de ridiculiser les courtisans.

Et puis ce fut Brecht notre maître à penser, il nous a appris à être malin. Il était exilé aux Etats unis, en 1947, Il fut  accusé par le tribunal des activités anti américaines d’être marxiste et communiste. Il va réussir à prouver que ses pièces étaient chrétiennes, il était ambigu, esquivait les questions et évitait la confrontation directe.

Quelques anecdotes éclairantes, en 1978 nous allons être nommés à St Quentin en Yvelines compagnie associée du CAC. Lors de l’entretien d’embauche, Elie Le Port le président de l’Apasc fait un petit aparté : il faudra renoncer à votre carte du PCF, nous sommes bien d’accord ?

1991  : avec le Maire de Montbéliard, un UMP grande tradition, il veut bien nous nommer à la  Scène Nationale à la condition que nous ne montions pas une section socialiste, nous avons été d’accord mais dans ce cas nous lui avons dit  que lors des  municipales, nous n’appellerions jamais à voter pour lui.

Et nous avons co-habité pendant neuf ans avec chacun nos idées. Parfois ce fut chaud, mais dans un climat de loyauté. Il a demandé avant sa mort que ce soit Hervée de Lafond qui lui fasse une oraison funèbre. La droite Montbéliardaise s’est étranglée…

Donc toute notre vie nous avons réussi à ne jamais vendre notre âme, nous étions les champions du “dire sans dire”.

Il faut être malin, dire à Bolloré qu’on le comprend bien, il paie, donc il décide, on n’est pas d’accord avec ses idées mais il faut le jouer à la Brecht.

Récemment ayant annoncé notre départ ,notre députée du Rassemblement national nous envoie une lettre,  je ne résiste pas à en publier un extrait :


Vous avez toujours été pour moi les « stars du théâtre de rue » des « monstres sacrés » qui, en son époque, m’ont sauvé la vie.

Mon enfance n’a pas été malheureuse, mais enfermée dans un carcan religieux et autoritaire qui n’était pas fait pour moi… Alors si la lecture a comblé durant plusieurs années ma soif d’évasion, c’est la créativité qui s’est imposée à l’adolescence et m’a sauvée.

Mais ce que j’aimais par-dessus tout, à 17 ans, c’était trainer mes Doc Martens au centre d’Art et de Plaisanterie, au théâtre le Sponek pour y écrire des vers et rêver à mes prochaines créations de peinture. Avec mes amis « pseudo-artistes », on découvrait un monde : l’art contemporain, l’art fantasque, l’art innovant, pétillant à l’image de la chanson « Champagne » de Jacques Higelin…

Un univers jusque-là inconnu pour des enfants de salariés Peugeot arrivés à Montbéliard après avoir quitté un monde rural, traditionnel et moralisateur, hermétique aux bouleversements de 68.

 Alors oui, si l’art a toujours fait partie de moi (il suffit de voir mes tatouages), c’est aussi grâce à vous, grâce à deux Parisiens aux noms impossibles à orthographier, qui un jour sont arrivés à Montbéliard et par le théâtre de rue ont impulsé une force de vie chez tout celui qui cherchait un « ailleurs ».

Alors merci.


Géraldine Grangier

députée du rassemblement National



Je décide en accord avec Hervée de suivre le précepte du vieux rabbin de Marseille lors d’un mariage. “Se parler, il faut se parler, il ne faut jamais arrêter de se parler.”

Il y a eu beaucoup de migrations de la gauche à l’extrême droite, le contraire doit être possible.











 
 
 

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