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Chronique libre, je dis tout ce que je pense 26 août 2026

  • il y a 4 heures
  • 4 min de lecture

la 2CV théâtre 1981



Bon, je l’avoue oui je l’avoue,  je me suis souvent auto- censuré, parce qu’en tant que compagnie subventionnée par l’Etat, la Région, une municipalité, je faisais tout de même un peu attention de ne pas trop froisser ce petit monde, je voulais être juste assez malin.

Je savais que si je commençais à critiquer les Institutions de théâtre, elles n’allaient plus programmer le théâtre de l’Unité,  je savais que mon théâtre ne devait pas être un meeting se terminant par l’internationale, je savais que la Mairie de Montbéliard n’aurait pas apprécié que sa scène nationale organise un festival de Brecht.

Aujourd’hui j’entends sans arrêt parler de l’interdiction d’un groupe de rap parce qu’il dit du mal de la police, c’est fou ça. Ecoutez les paroles de Brassens “ marché de Brive la Gaillarde” style


En voyant ces braves pandores

Etre à deux doigts de succomber,

Moi, j'bichais, car je les adore

Sous la forme de macchabé's.


Oui c’est bien ça, ça dit j’adore les gendarmes sous forme de macchabées et la chanson est encore plus rude encore.

On considérait que c’était une chanson. Donc ça passait, maintenant il n’est plus question de proférer sa haine de la police surtout quand ça vient d’artistes dont les grands parents venaient de l’autre rive de la Méditerranée.


Et puis il y a bien d’autres tabous. La moindre critique d’Israël et vous voilà taxé d’antisémitisme même si votre père et une partie de votre famille ont été déportés.  Et c’est à peine si j’ose dire que les descendants de la Shoah ont des comportements indignes et ce qui se passe en Cisjordanie est carrément scandaleux et honteux.


Me voilà déchargé de toutes responsabilités, oserai -je alors dire tout ce que je pense ?

Annulerais-je un contrat signé avec Bruel ?  Programmerais-je Bertrand Cantat ? Interdirais-je un chanteur Israélien même opposé au régime en place ?

Pourquoi le gouvernement s’acharne sur les raves partys ?

On a l’impression que l’étau se resserre, que la sécurité prend le dessus partout.

Interdiction de  vente d’alcool à Aurillac. Fouille à l’entrée de la ville.

Fouille à l’entrée de tous les théâtres subventionnés, vigi -pirate a bon dos.

Bien -sûr les préfets rêvent d’interdire tous les festivals un tantinet libertaires, ce qui les en empêche c’est l’afflux d’argent dépensé.

On dit que le tabac de Chalon sur la place de la cathédrale fait en quatre jours le chiffre d’affaire d’une année

A l’Unité on a toujours détourné tous les règlements, le final de Macbeth avec ses boules de feu serait aujourd’hui cent fois interdit,

et nous avons quantité d’anecdotes à raconter sur nos relations avec la police, vu que nous avions nous -mêmes des costumes de policier et que nous avons enfreints les lois des centaines de fois.

Quand on pense que pour notre intronisation à Montbéliard nous avons fait voltiger le maire au bout  d’un élastique.

Nous n’avons jamais demandé d’autorisation pour nos interventions de rue. Nous nous sommes faits admonester comme des sales gosses jusqu’à l’absurdité totale , la Mairie d’audincourt nous a demandé de faire notre théâtre  de rue à l’intérieur pour ne gêner personne.

Une de nos grands croyances c’est qu’il faut sans arrêt frôler l’illicite, l’Art se pratique en dehors des passages cloutés.

Ma définition de l’artiste  : voyeur voyant voyou




Faut que j’ose. Olivier Neveux est professeur à l’école normale supérieure c’est un intouchable. Tant pis.  Olivier Neveux m’en voudra.    

Moi qui suis un adorateur de Brecht qui a provoqué en moi une prise de conscience sans précédent à l’âge de 20 ans  et même que je fus élève du spécialiste de Brecht,  Bernard Dort, et que j’ai lu tous les écrits de Brecht.

Là  son livre sur Brecht c’est un tissu de 879 citations, et  franchement je ne saisis pas l’axe central.  Trop d’érudition tue l’érudition. .



Et puis faut je tacle Télérama, leur distribution  d’étoiles

J’assiste à un déclenchement d’amour sur le film “Comédie Française”, alors que je trouve le propos lamentable et puis aussi “tombé du ciel”  le jeune des quartiers qui se retrouve dans une école catholique un film bourré de clichés, où je n’ai pas ri une seule fois avec une intrigue dénuée de fondement même si le héros Ylies est fort sympathique et qu’il y a déjà un million d’entrées,


Et puis les festivals de théâtre de rue qui attirent des centaines de milliers de personnes et n’ont droit qu’à un service minimum

de la presse .

je le reconnais, nous n’avons jamais envoyé d’invitation pour éviter au journaliste deux heures de queue, et pas de place réservée, mais heureusement aujourd’hui deux pages sur Aurillac dans Libération, et bien -sûr Stéphanie Ruffier qui tente tant bien que mal de faire un tri entre 700 spectacles,  ce serait à lire dans l’Humanité  ou dans le blog les trois coups  et je crois que Du Vignal va sortir une ou deux critiques de spectacle dans théâtre du blog


Il est loin le temps où l’Unité a eu droit à une page complète dans Libération ur son théâtre de rue en 1982 à Avignon, et de remercier Jean Pierre Thibaudat qui nous a permis vingt ans de tournée de la 2CV théâtre.

Je ne cesse de dire que le seul événement qui soit arrivé dans le théâtre ces cinquante dernières années c’est l’avènement du théâtre de rue mais le bataillon institutionnel du théâtre public continue d’ignorer cette révolution qu’il considère comme du sous-théâtre.





















  

 
 
 

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