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Billet du 12 avril 2026, la génération Z aux Ruches

  • 12 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.


alvéole danse avec Jimmy Leroux



Mon père avait l’habitude de dire  : j’aime la présence de jeunes autour de moi, j’aime l’environnement des jeunes, alors il faisait table ouverte à midi dans son appartement de Meudon. Annés 66 à 70.

On n’avait même pas besoin de prévenir, on venait avec nos copains, cela donnait des repas fort animés-.

A l’époque, nous  rêvions tous de révolution, alors il y avait les maoistes, les trotskystes, les communistes. On s’engueulait sous l’oeil bienveillant de mon père, lui gaulliste, anti -communiste, patron de la Bougie Dep, cinquante salariés.

J’avais écrit une chanson satirique : “mes enfants se disent communistes, mais ils vivent tous de mon capitalisme.”

Même Patrice Chéreau  débutant aux dents longues venait partager nos repas à l’époque des 3 baudets quand il était fauché.

Madame Legros, une solide femme de ménage bretonne, nous faisait la cuisine, il y en avait  toujours pour 10.

Eh bien nous y voilà, un demi -siècle plus tard.  J’y repense, je suis comme mon père. Je sors d’une semaine  de ruches à Audincourt fréquentée par une cinquantaine de jeunes de la  génération Z, celles et ceux qui sont nés autour des années 2000.

Et je suis ragaillardi, toutes mes douleurs se sont endormies, comme si la vigueur de tous ces jeunes était capable de se transmettre.

Je dévore ces corps alertes, l’agilité, la vitesse, la plasticité, l’énergie.

Les ghettos -mouroirs que sont les Ehpad sont un scandale national.

On a besoin de relations aux jeunes, et ils ont aussi  besoin de nous. Le transgénérationel est fondamental pour l’équilibre de la société.

Je me sens un coeur à aimer toute la terre.

J’ai l’impression d’avoir été transporté sur un continent d’amour et à la toute fin, les larmes montent quand un choeur me dit  au revoir avec Reva Baia l’hymne de la nuit unique et je réponds comme dans le spectacle : j’ai des amis qui m’entourent comme des garde-fous, ils ont peur quand je pars que je revienne plus.

Sans doute que c’est la vérité, et là Catherine envoie la marche de la mort de Terezin, un gigantesque souvenir, trop émouvant. Putain d’émotion que je n’arrive pas à cacher.

Et j’aperçois la jeune Sasha qui a 28 ans et qui comme moi tente de capter la vie dans un carnet spécial où elle dessine et légende tout ce qui se passe.

Je regagne la maison et je me dis : ce serait si bien que ces 50 personnes présentes toute la semaine formaient une immense compagnie de théâtre.

A la jeune génération d’agir, je m’en vais au tombeau, je n’y échapperai pas.




 
 
 

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